Après l'attaque

… la sizaine de sécurité, contrairement aux ordres donnés, a tenu à assurer le repli complet de toute la Trentaine.

Au moment où j’ai quitté le hameau du Petit-Parry, l’ennemi a ouvert le feu sur moi, de même que sur la sizaine chargée de couvrir la retraite des derniers éléments de la Trentaine.

Le 2 juillet 1944, alors que mon unité cantonnait au Petit-Parry, nous avons été attaqués vers 7h30 par une forte colonne alle-mande. Ces trois hommes faisaient partie d’une sizaine volontaire pour assurer le repli de la Trentaine.

Nous fûmes alignés le long d'un talus pour être fusillés. Un officier intervenant renvoya le peloton d'exécution. Nous sommes restés sur place jusqu'à midi environ. On nous emmena ensuite dans le village où LAMOURDEDIEU fut sommairement pansé.

Contrairement aux ordres donnés

Fernand RIBAUD

(Fernandez)

11-06-1900

© SHD GR-16P-508450

AD63 - Rapport 1333 (cote 908W135)

AD63 - Rapport 1333 (cote 908W135)

AD63 - Rapport 1333 (cote 908W135)

Sizaine volontaire

Peloton d'exécution

Robert CHAUVEAU

(Ringan)

28-03-1908

André GRANET

(Dédou)

19-10-1924

© AD63 2546-W-6329

André GRANET : À ce moment, j'ai vu un civil s'entretenir avec des officiers allemands. Cet individu, un certain PERRET Marcel qui nous avait dénoncés à Ardes-sur-Couze, je l'ai formellement reconnu d'après une photo qui m'a été présentée depuis mon retour.

Nous ne reviendrons pas sur les circonstances de la mort des trois victimes, largement exposées dans la section "Crimes de guerre ?" de la page précédente "Les Allemands attaquent". Comme cela a également été mentionné, les Allemands ont ordonné aux frères MARCHADIER de les enterrer, ce qui fut fait après que le maire de la commune, Antoine ROCHE, eut fait les constatations légales.

Le 8 octobre 1944 (lendemain de son arrivée à Issoire), la dépouille de Paul DALLANT fut transférée au cimetière de Roanne pour être inhumée dans le caveau familial. Malheureusement, la concession n'a pas été renouvelée à son échéance de 2006, son principal ayant-droit préférant faire incinérer les restes qui s'y trouvaient (Paul DALLANT et ses deux parents).

Claude MARRET est toujours inhumé dans le caveau familial du cimetière d'Issoire, aujourd'hui très dégradé et menacé de reprise par la commune conformément à la législation actuelle. Souhaitons que ce soit l'occasion ce jour-là de donner à Claude MARRET une sépulture définitive dans le carré militaire tout proche, comme lui en donne le droit son statut de Mort pour la France.

La dépouille d'Herbert A. CAMPBELL est restée plus longtemps à Issoire, sans que l'on sache exactement combien de temps. L'éventuel transfert à Aix-en-Provence n'a été que provisoire, Herbert A. CAMPBELL reposant maintenant dans le Five Island Cemetery de Georgetown (Sagadahoc County, Maine, USA), sa ville natale.

Le 7 octobre 1944, ces trois jeunes gens ont été enterrés à Issoire. Madame MARRET avait fait mettre Herbert avec son fils dans le même caveau. Comme elle l'a fait pour son enfant, elle a acheté un Christ pour Herbert. Elle espérait bien qu'on le lui laisserait, tout au moins jusqu'à la fin des hostilités. Mais un jour, il est venu un camion américain qui a pris le cercueil pour l'enterrer vraisemblablement dans un cimetière américain à Aix-en-Provence.

Il est venu un camion américain

© Claude GRIMAUD / famille HEWITT

Lucienne X

habitante de Brassac

Les trois victimes initiales

Le bilan final du combat est donc le suivant :

  • Ont été tués : Herbert A. CAMPBELL (Herbie), Paul DALLANT et Claude MARRET (Paul).

  • Ont été faits prisonniers : Garnet P. COLUMBUS (Chris), André GRANET (Dédou), François PAGURA (Pierrot) et Yves LAMOURDEDIEU (Yvon), blessé.

Par la suite, comme rapporté par Lucienne X dont le témoignage dans sa lettre du 30 avril 1945 adressée à George Y (proche parent de Garnet P. COLUMBUS) a déjà été évoqué dans la section référencée ci-dessus, les trois dépouilles ont été transférées le 7 octobre 1944 au cimetière d'Issoire et inhumées dans le caveau familial de la famille MARRET-FARGEIX. Outre le fait de rapatrier le corps de son fils, Mme Suzanne MARRET-FARGEIX n'hésitait pas à prêter assistance aux familles endeuillées en hébergeant provisoirement au cimetière d'Issoire les dépouilles des maquisards tués par l'ennemi. Ainsi, en plus des trois victimes du Petit-Parry, 5 autres dépouilles sont accueillies ce 7 octobre 1944 dans les caveaux de Mme MARRET-FARGEIX, traduisant de ce fait une opération systématique de mise en ordre de la part des autorités. Quatre d'entre elles correspondent aux victimes de l'attaque du maquis Jean-Pierre à Belleguette le 30 mars 1944 :  René BAYRÈS, Hugues de FINANCE, Michel JUNGER et Jacques de LALLEMANT de LIOCOURT. Le cinquième est Georges BUCHOUX, tué le 12 juin 1944 à Ardes-sur-Couzes lors d'une opération qui sera évoquée plus loin.

Registre du cimetière d'IssoireRegistre du cimetière d'Issoire

Le registre du cimetière d'Issoire en date du 7 octobre 1944

© Photo DALLANT

Le sort des prisonniers